Semaine 82 · C2
Analyse critique du discours et idéologie
Semaine 82, la frontière C2 de la démystification. Tu traites la langue non comme une vitre transparente sur les faits mais comme une machinerie de cadrage : une mise en récit qui distribue l'agentivité, naturalise une stance et glisse un jugement de valeur sous un masque de neutralité. Tu apprends d'abord à analyser cette machinerie — la nominalisation (« la fermeture du site ») et le passif impersonnel (« il a été décidé que ») qui effacent l'agent, le lexique axiologique (« junte » pour « gouvernement militaire », « flexibilité » pour « précarité ») qui impose un verdict, le présupposé glissé sans preuve. Puis tu produis le geste réciproque, le contre-cadrage : restaurer l'agent (actif / « on » / pronominal — jamais le calque passif), re-lexicaliser en conscience, dénier le présupposé, l'accord du participe re-agenté tenu sans faute. À travers un corpus de communication politique aux cadrages concurrents (L2) et un dossier qui performe puis démonte un cadrage — sans voir son propre angle mort colonial (L3) —, tu médies les cadrages rivaux en une analyse de 300 mots + une réécriture contre-cadrée (L4), que tu défends enfin en débat (L5). Compétence-mère et plateau du module : apprécier le jugement de valeur dissimulé — appréciée, jamais pénalité de production.
À la fin de la semaine, je peux…
- analyser comment la nominalisation (§36) et le passif / l'impersonnel (§39.8) effacent l'agent — transforment un acte décidé par quelqu'un en événement quasi naturel et sans responsable — et nommer l'effacement
- apprécier (👁, le plateau du module — G-9) le jugement de valeur dissimulé sous une formulation « neutre » : le lexique axiologique (régime/gouvernement, précarité/flexibilité), la polyphonie et le présupposé naturalisant
- comprendre un corpus de communication politique aux cadrages concurrents et suivre le même référent re-nommé d'une voix à l'autre, en décodant l'ironie froide par la prosodie (réactive C2-P2)
- médier des cadrages concurrents en une analyse de 300 mots qui fusionne dossier et apport (anti-G-3) + une réécriture contre-cadrée qui restaure l'agent en français natif (actif / on / pronominal, anti-G-4), re-lexicalise et dénie le présupposé, l'accord du participe re-agenté tenu sans faute (§42.2)
- verbaliser à l'oral un jugement de valeur caché et défendre un contre-cadrage en débat (§16.7/§16.9) — à la bonne enveloppe prosodique (accent contrastif rhétorique, gate C2-P3) — tout en assumant que tout contre-cadrage est lui-même un cadrage
- objectiver son propre cadrage par défaut et l'angle mort colonial du mot « développement » (CL-C2-7) : la critique du discours comme décolonisation du regard, non comme jeu rhétorique
Tu t’évalues à la fin de chaque leçon : acquis, en cours ou à revoir.
Semainier
Cette semaine fait partie du parcours complet. Voir les plans
- grammairelundiNominalisation et passif comme effacement de l'agent
- écoutemardi« Les mots qui orientent »
- lecturemercrediPerformance et démontage du cadrage
- écriturejeudiAnalyse du cadrage + réécriture contre-cadrée
- oralvendrediVerbaliser le jugement caché et défendre un contre-cadrage